La fonction sociale de la chirurgie esthétique

Le nombre de demandes en chirurgie esthétique croît. Ses tentacules s’étendent dans les lieux les plus insensés du monde. Femmes et hommes, au nom de la beauté physique, rivalisent de génie. Aphrodite et Apollon semblent revenus dans ce monde pas longtemps désacralisé. Partout au monde, sont bâtis chaque jour, de nouveaux « temples » pour réaliser le vœu d’un tel, de paraître plus jeune, en pratiquant le cérémonial du lifting cervico-facial ; accorder à un tel autre la « grâce » de s’enrichir davantage d’une poitrine opulente, en lui faisant une imposition/implantation mammaire ; corriger les défauts du nez chez un autre, en lui faisant le « miracle » de la rhinoplastie… La liste des « miracles » chirurgicaux esthétiques est longue. Néanmoins, on se demande, qu’est-ce qui justifie ce besoin humain de plus de beauté et de jeunesse ? En quoi la vieillesse représente un danger ? Le danger ne serait-il pas de laisser à chacun le droit de faire de son corps ce qu’il veut ?

La perception actuelle de la vieillesse

La peur de vieillir, voilà ce qui motive, pousse, oblige la plupart à une chirurgie esthétique. Alors que la vieillesse dans l’époque qui a précédé la nôtre, donnait droit à plus de respect, plus d’attention et de considération, notre société actuelle en a fait un handicap. Etre « vieux » dans l’acceptation actuelle, c’est être invalide, être incapable. Notre société est devenue une société de performance. La valeur intrinsèque de la personne humaine, remplacée par ses « capacités à ou à ne pas… ». On n’est plus homme parce qu’une essence permet d’évaluer notre dignité, mais parce qu’on peut faire-ci. l’homme n’est plus la mesure de toute chose , mais il l’est désormais en se mesurant à toute chose. Cette exclusivité que confère l’utilité sociale, aboutit à un exclusivisme de la jeunesse au détriment des vieux qu’on exclut.

La réinsertion sociale par la chirurgie esthétique

La perte du rôle social des personnes vieilles et la diminution de leurs fonctions physiques, de l’apparence physique étant désormais liées, le rôle de la chirurgie esthétique sera surtout de prévenir, retarder cette période « fatidique » de la vie humaine, de corriger toutes les marques physiques du vieillissement, pour permettre un maintien ou un retour sur scène. Grâce au progrès de la science, la durée de vie de l’homme ayant été largement prolongé, il est plus facile de vivre plus longtemps. Mais pour bien vivre longtemps, il faut donner l’air d’être toujours jeune, pour se faire accepter par une société où la vieillesse est tenue à distance dans des centres spécialisés. Lifting des bras, des cuisses, pour raffermir la peau des bras ou des cuisses ; injection d’acide hyaluronique pour combattre les rides, abdominoplastie pour chasser la bedaine, implantation des cheveux pour combattre la calvitie… tout est bon, pour rester dans la mêlée. Pour faire valoir son droit à être.

 Les limites éthiques de l’esthétique chirurgicale  

Face à cette injonction inconsciente de la société qui demande à être d’une certaine manière, cette spirale infernale de la quête permanente du « Beau » Unique, Vrai, que nous impose la société actuelle, certains pour continuer à plaire, à être, n’hésitent pas de se plaire finalement au bistouri. Exigeant toujours plus de la chirurgie, pour ne pas perdre cette « image de soi » adulé par les autres, pour rester « éternellement jeune ». Les conséquences de ces demandes sont parfois catastrophiques : des visages désincarnés, des corps déformés, mutilés… et des suicides aussi. D’où l’exigence d’une mesure à la chirurgie esthétique.

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